Contrat d’apprentissage : Le rôle clé de l’employeur et du maître d’apprentissage

La réussite d’une formation en alternance repose sur un engagement tripartite solide entre l’apprenti, l’entreprise d’accueil et le Centre de Formation d’Apprentis (CFA). Pour garantir une expérience professionnelle enrichissante et sécurisée, chacun dispose de droits précis et doit répondre à des obligations réglementaires claires.

Découvrez l’ensemble du cadre légal, le rôle clé du maître d’apprentissage, les démarches en cas de rupture de contrat ainsi que les normes de santé et sécurité au travail applicables pendant votre alternance.

L’apprentissage est une formation alternée associant :

Une formation en établissements ou structures habilitées permettant de mettre en pratique une ou plusieurs activités professionnelles en relation directe avec la qualification visée, objet du contrat entre l’apprenti et l’employeur.

Des enseignements dispensés pendant le temps de travail dans un centre de formation d’apprentis ou une section d’apprentissage. (Code du travail article L.6211-2).

Qui fait quoi ? Les engagements de chaque partie

  • Effectuer le travail confié par l’employeur dans le respect des consignes et du règlement intérieur.

  • Assister assidûment aux cours théoriques et pratiques dispensés par le CFA.

  • Tenir à jour le livret d’apprentissage et le faire viser régulièrement par l’équipe pédagogique et son tuteur.

  • Se présenter aux épreuves finales permettant la validation du diplôme ou du titre professionnel visé.

  • Participer à l’amélioration continue en répondant aux enquêtes de satisfaction de l’organisme de formation.

  • Garantir une mission professionnelle en lien direct avec les objectifs du diplôme préparé.

  • Assurer de bonnes conditions de travail, d’hygiène et de sécurité, tout en informant l’apprenti des règles internes.

  • Verser la rémunération légale, affilier l’apprenti à la Sécurité Sociale et remettre les documents de fin de contrat.

  • Désigner un Maître d’Apprentissage qualifié pour accompagner, former et évaluer l’apprenti tout au long de sa progression.

  • Contribuer au financement de la formation (via la taxe d’apprentissage/OPCO) et participer aux activités de coordination avec le CFA.

  • Mettre en place des aménagements adaptés en lien avec des spécialistes en cas d’accueil d’un apprenti en situation de handicap.

  • Garantir la gratuité totale de la formation pour l’apprenti en contrat d’apprentissage.

  • Dispenser des enseignements théoriques et techniques de qualité, encadrés par des formateurs experts.

  • Assurer le suivi pédagogique individualisé en entreprise, en lien constant avec le maître d’apprentissage.

  • Fournir les outils de suivi (livret d’apprentissage) et réunir le Conseil de perfectionnement pour veiller à la qualité de la formation.

Le maître d’apprentissage (dirigeant ou salarié volontaire) est la pierre angulaire de l’intégration et de la montée en compétences de l’alternant.

  • Conditions de nomination requis par la loi :

    • Titulaire d’un diplôme de niveau équivalent ou supérieur dans le domaine visé + 1 an d’expérience professionnelle minimum.

    • OU justifier de 2 années d’expérience professionnelle en lien direct avec la qualification préparée.

  • Capacité d’encadrement : Un tuteur peut accompagner 2 apprentis au maximum (+ 1 apprenti redoublant). Une équipe tutorale peut aussi être mise en place avec un référent identifié.

  • Missions principales : Former l’apprenti sur son temps de travail, transmettre son savoir-faire, faciliter son intégration, suivre ses résultats et échanger régulièrement avec le CFA.

Santé et sécurité au travail : droits et devoirs

L’apprenti, au même titre que tout salarié, bénéficie des règles relatives à la santé, à l’hygiène et à la sécurité en milieu professionnel.

  • Art. L4121-1 : Prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé physique et mentale des travailleurs et adapter ces mesures face aux risques.

  • Art. R4141-2 : Informer et former chaque salarié, dès l’embauche, sur les risques professionnels liés à son poste.

Art. L4122-1 : Veiller à sa propre santé et sécurité, ainsi qu’à celle de ses collègues, en appliquant rigoureusement les consignes de sécurité transmises.

INTERLOCUTEURS INTERNES À L’ENTREPRISE :

  • Le Comité Social et Economique (CSE) : Obligatoire à partir de 11 salariés, le CSE a des attributions en matière de santé, de sécurité des conditions de travail, d’activités sociales et culturelles. Il assure l’expression collective des salariés.
  • Le responsable sécurité : Il est présent en fonction de la taille de l’entreprise. Son rôle est d’assister et d’aider l’employeur à la mise en place d’une politique de prévention des risques professionnels.
  • Infirmier(e) de santé au travail : Obligatoire à partir de 200 salariés dans l’industrie et 500 dans le tertiaire, il assure le suivi de la santé des salariés et participe à la politique de prévention de l’entreprise.
  • Le Sauveteur Secouriste du Travail (SST) : Salarié formé pour intervenir en cas d’accident du travail ou d’un malaise, il est aussi un acteur de prévention.

INTERLOCUTEURS EXTERNES À L’ENTREPRISE :

  • Le service de santé au travail : La médecine du travail intervient auprès des salariés pour prévenir toute altération de leur santé dans l’exercice de leur activité professionnelle. Une visite à l’embauche puis des visites régulières permettent de maintenir l’aptitude du salarié à son poste.
  • L’inspection du travail : Elle informe, conseille et contrôle l’application des règles du droit du travail au sein des entreprises.

Comment rompre un contrat d'apprentissage ?

1. Pendant la période d’essai (45 premiers jours en entreprise)

  • Rupture unilatérale et libre : À l’initiative de l’employeur ou de l’apprenti.

  • Sans préavis, sans justification administrative et sans indemnités.

2. Après la période d’essai

  • D’un commun accord : Rupture amiable signée conjointement par l’employeur et l’apprenti (aucun préavis requis).

  • En cas d’obtention anticipée du diplôme : L’apprenti peut résilier son contrat en informant l’employeur par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) au moins 2 mois avant la date des résultats.

  • Démission à l’initiative de l’apprenti (Procédure de médiation) :

    • L’apprenti doit obligatoirement solliciter le Médiateur de l’apprentissage pour régler le litige.
    • La rupture ne peut intervenir qu’après un délai de réflexion de 7 jours francs suivant l’information transmise à l’employeur.

  • En cas de désaccord persistant : Seul le Conseil de Prud’hommes (secteur privé) ou le Tribunal Administratif (secteur public) est habilité à statuer.

L’accompagnement du CFA CEFRAS en cas de rupture

  • Maintien en formation pendant 6 mois : Si le contrat est rompu, le CFA CEFRAS permet à l’apprenti de poursuivre ses cours théoriques pendant une durée de 6 mois maximum.
  • Aide à la recherche d’un nouvel employeur : L’équipe vous accompagne dans vos démarches pour retrouver une entreprise partenaire et achever votre cycle de diplôme.
  • Partenariat avec les Missions Locales : En cas de difficultés sociales ou matérielles susceptibles de fragiliser le parcours, le CFA s’appuie sur le réseau des Missions Locales de la région Pays de la Loire pour vous offrir un accompagnement personnalisé.